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11 mai 2026

Famille recomposée : pourquoi et comment organiser la transmission de son patrimoine ?

Les familles recomposées sont une réalité fréquente, pourtant les enjeux juridiques sont souvent méconnus. Lorsqu’un couple s’unit alors que l’un d’eux ou les deux ont déjà des enfants, les règles classiques du droit des successions peuvent apparaître inadaptées voire sources de tensions.

Dès lors, organiser la transmission de son patrimoine au sein d’une famille recomposée est essentiel. Adoption du régime matrimonial de la séparation de biens, donation entre époux, testament ou encore adoption : beaucoup d’outils juridiques existent et permettent d’adapter sa situation personnelle.

Que se passe-t-il en l’absence de disposition particulière ?

 

En présence d’enfants d’une précédente union, le conjoint survivant n’a pas d’option et il recueille le quart de la succession en pleine propriété.

Cette répartition est prévue à l’article 757 du Code civil.

Partant de ce constat, le conjoint survivant peut se trouver en indivision avec les enfants de son conjoint, une situation fragile en pratique.

L’adoption du régime de la séparation de biens

 

Le choix du régime matrimonial est déterminant car il peut avoir un impact sur la protection du conjoint survivant.

Le régime de la séparation de biens permet de cloisonner les patrimoines : chaque époux conserve la propriété exclusive des biens acquis en son nom. Par conséquent, en cas de décès, les enfants issus d’un précédent mariage hériteront de la part clairement délimitée par leur parent.

Le régime matrimonial peut également être complété par une clause de préciput, par exemple, permettant au conjoint de prélever un bien spécifique avant tout partage.

La donation au dernier vivant ou donation entre époux

 

La donation au dernier vivant, aussi appelée donation entre époux, permet d’étendre les droits du conjoint survivant.

Le conjoint pourra notamment choisir entre :

  • L’usufruit de la totalité des biens,
  • Une quotité en pleine propriété plus importante que le quart légal,
  • Une combinaison d’usufruit et de pleine propriété.

Attention : en présence d’enfants, la loi limite certaines options afin de respecter leur réserve héréditaire. La donation nécessite des conseils personnalisés et doit donc être soigneusement rédigée.

A noter : l’option pour l’usufruit de la totalité des biens n’est pas toujours la solution la plus adaptée en famille recomposée si les écarts d’âge entre le conjoint survivant et les enfants sont importants puisque les enfants, nus-propriétaires, ne disposeront de la pleine propriété qu’au décès du conjoint survivant, usufruitier.

Le testament

 

Le testament permet d’organiser la transmission de la part disponible du patrimoine (appelée la quotité disponible).

L’article 913 du Code civil fixe la quote-part représentant la quotité disponible en fonction du nombre d’enfants : la moitié des biens en présence d’un enfant, le tiers s’il laisse deux enfants, le quart s’il en laisse trois ou plus.

Il est possible d’attribuer davantage au conjoint dans la limite autorisée par la loi, de prévoir des legs particuliers ou encore de réduire les droits du conjoint survivant, qui, lui, n’est pas héritier réservataire en présence d’enfants.

Le testament apparaît comme un outil utile pour clarifier les volontés du défunt. Il est fortement recommandé de consulter un notaire pour sa rédaction afin d’éviter tout risque de contestation.

L’adoption

 

Certains schémas familiaux peuvent être adaptés à l’adoption simple de l’enfant du conjoint. L’adoption simple ne rompt pas le lien de filiation avec la famille d’origine mais crée un nouveau lien juridique de filiation.

L’enfant adopté devient héritier réservataire de l’adoptant, au même titre que l’enfant biologique. L’enfant bénéficie alors des abattements en ligne direct de 100 000 euros par enfant par parent, et du taux applicable en ligne directe.

En conclusion, différentes stratégies peuvent être envisagées, mais elles doivent être adaptées à chaque situation patrimoniale et familiale. Quoi qu’il en soit, il est préférable d’anticiper ces enjeux plutôt que de se voir appliquer des dispositions légales parfois inadaptées.

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