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des études Office LémanLe mariage implique un certain nombre de droits et d’obligations qu’il convient de connaître avant de s’engager. Cette vigilance est d’autant plus importante lorsque les époux ne signent pas de contrat de mariage et ne passent donc pas chez le notaire.
Même sans démarche particulière, le mariage entraîne automatiquement l’application de règles juridiques qui organisent la vie commune, les dépenses du foyer, la protection de la famille et les rapports avec les tiers.
Le régime primaire impératif désigne l’ensemble des règles minimales qui encadrent la vie des époux. Il est prévu aux articles 212 et suivants du Code civil. Sa particularité est d’être applicable par le seul effet du mariage.
Autrement dit, les époux ne peuvent pas décider de l’écarter contractuellement. L’article 226 du Code civil précise que ces règles s’appliquent à tous les époux, quel que soit leur régime matrimonial.
Un contrat de mariage peut organiser certains aspects patrimoniaux de la vie conjugale, mais il ne peut pas supprimer les obligations fondamentales du mariage. Par exemple, il n’est pas possible de dispenser un époux de son obligation de contribuer aux charges du mariage.
Le mariage impose d’abord des devoirs personnels. Les époux se doivent mutuellement respect, fidélité, secours et assistance. Ces obligations ne sont pas seulement symboliques : elles traduisent juridiquement l’engagement pris lors du mariage.
Les époux doivent également assurer ensemble la direction morale et matérielle de la famille. Cela signifie qu’ils participent aux décisions importantes concernant la vie familiale, l’éducation des enfants et la préparation de leur avenir.
Ils doivent aussi contribuer aux charges du mariage à proportion de leurs facultés respectives. Cette contribution peut prendre plusieurs formes : paiement des dépenses du foyer, prise en charge du logement, participation aux frais des enfants ou investissement dans la vie domestique.
Le mariage implique aussi une communauté de vie. Les époux ont une obligation de cohabitation et choisissent ensemble la résidence de la famille. Le départ injustifié du domicile conjugal peut donc avoir des conséquences, notamment dans le cadre d’une procédure de divorce.
Le logement familial bénéficie par ailleurs d’une protection particulière. Même si le logement appartient à un seul époux, il ne peut pas être vendu, donné ou faire l’objet d’une hypothèque sans le consentement de l’autre. Cette protection s’étend également aux meubles qui garnissent le logement. Elle vise à éviter qu’un époux puisse mettre en péril le cadre de vie de la famille par une décision prise seul.
Le mariage ne fait pas disparaître l’indépendance juridique de chacun. Chaque époux conserve sa pleine capacité juridique. Il peut, par exemple, ouvrir seul un compte bancaire, exercer librement une profession, percevoir ses gains et salaires et en disposer.
Chaque époux conserve également la libre administration de ses biens propres (régime communautaire) ou personnels (régime séparatiste), sous réserve des règles applicables à son régime matrimonial et de la protection du logement familial.
Le mariage permet aussi à chacun d’utiliser le nom de son conjoint à titre de nom d’usage, sans pour autant remplacer son nom de naissance.
Le régime primaire organise aussi les rapports des époux avec les tiers, notamment les créanciers. Pour les besoins du ménage et l’éducation des enfants, chacun des époux peut conclure seul les contrats nécessaires. Il peut s’agir, par exemple, de dépenses alimentaires, de frais scolaires ou de charges courantes du foyer.
En principe, ces dettes engagent solidairement les deux époux. Le créancier peut donc demander le paiement à l’un ou à l’autre. Cette solidarité a toutefois des limites. Elle ne joue pas lorsque la dépense est manifestement excessive, compte tenu du train de vie du ménage, de son utilité ou de la bonne foi du tiers.
Elle est également exclue, en principe, pour les achats à tempérament et les emprunts conclus par un seul époux, sauf lorsqu’ils portent sur des sommes modestes nécessaires à la vie courante.
Enfin, lorsque l’un des époux met gravement en péril les intérêts de la famille, le juge peut prendre des mesures urgentes. Il peut, par exemple, interdire certains actes de disposition ou autoriser un époux à agir seul lorsque son conjoint est hors d’état de manifester sa volonté ou oppose un refus injustifié.
Ainsi, le mariage produit des effets très concrets au quotidien. Le régime primaire impératif organise un équilibre entre solidarité conjugale, protection de la famille, autonomie personnelle et sécurité des tiers. Ne pas respecter ces obligations peut avoir des conséquences importantes, notamment en cas de séparation ou de divorce !
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